Janvier 2019 : La Ronde ; Musique(s)

cette fois le hasard me fait accueillir le grand talent de Noel Bernard, : quelle chance pour vous, quel plaisir. Et la preuve qu’avec du travail, la contrainte n’abolit pas la fantaisie et l’imagination, mais l’amplifie au contraire. Et de mon côté je pars chez Giovanni Merloni. Merci à vous deux.

 

Le jeune prince et la jeune princesse

Pourquoi désirer si fort l’oubli ?
Pourquoi regretter le décret précipitant nos peines,
Ce donjon qui raconte, cruel,
Notre lente succion par l’obscur terreau ?
Le souvenir remonte endeuillé
Recouvrir l’impossible amour, fugitive ferveur,
Et survit l’innocente rougeur feutrée,
L’onde courbe des corps
Rejoints pour accomplir
L’indécente union, teints des frêles rayons
Qu’un pauvre astre inquiet pleure à genoux.

Cours, vent berceur sur la mer ouvrant liquide l’ondoiement serein jaillissant au milieu des jardins marins.
Cours, l’aube claire illumine l’ample caresse effleurant sans fin l’ivre écume tiède charriant un flot d’errances, frissonnant.

Tendus, nos bras offerts librement
Tournent sous l’immobile arceau froid d’un ténébreux tombeau.
Ils répètent ce brusque délire qui
Parcourut l’âme et la déchira.
Plus de détresse crispant nos nuits
Ni de serment d’éternel sort contraint, courbant à vie.
Car d’homme et femme est reçu, double, ce sang,
Breuvage merveilleux,
Voluptueux ferment.
Fort nos bouches de jaspe, chantant,
Nomment la mort jumelle douceur.

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Ce poème est obtenu à partir du troisième mouvement de Schéhérazade, de Rimski-Korsakov, dont il emprunte le titre, en appliquant la contrainte harmonique ( www.talipo.fr/?page_id=1376#c_harmonique ) : A chaque note du morceau correspond une syllabe du texte, qui doit comporter une lettre déterminée par la hauteur de la note. Par exemple « la » impose l’une des lettres a,h,o,v; « si » impose b,i,p,w ; etc.

 

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