Sonnetine

Air froid Ménilmontant au-dessus des toits ciel
Bleu, fumées nageuses hésitantes passant
Paresseusement puis prenant confiance et
Alors amples comme un voile sur la ville, bruits
De pas cognant pavés  disjoints, reflets du ciel
(Bleu donc) sur le granit usé comme poli
Des dalles, dédales, rues, sols
De la ville sous nos pieds cité fière comme une
Jeune mariée joues roses et dodues, devant
Des édifices & simples maisons et cet air
D’avril avec oh très peu de vent dans ces ru-
Elles l’impression vierge  et neuve halètements
Pouliche fumante fraîche  frémissante na-
Seaux vapeur et comme je me rapprochais du port
Ce parfum odeur du cuir de bois de très an-
Cienne peinture peut-être d’huiles de vidan-
Ge ou gasoil dans le fond d’un garage le même
Cambouis le même serais-tu à Paris
Ou au Havre et tu marches donc, tu vis, virgule
Encore ô beaux mouvements d’épaules bruits de
Pas, tu marches passant de cette place à cette
Rue, et tout est calme tout resplendit flambe
Nouveautés de chaque heure, chaque jour intact ver-
Nis des toits que rafraîchit l’averse y’a des jours
Comme ça allègres nourrissants sans nulle so-
Lennité juste vivre que je retienne
Bien si c’est possible cette lumière cette heure
Rien même une photographie n’en parlera
Jamais, ah maisons du siècle dernier et peut-
Etre plus vieilles encore  arches arcades bow-win-
Dows peintes en rouge marine sombre ouvertes vers
L’est, et entre les rideaux une silhouette
D’homme qui observe, un personnage qui te
Salue de la tête, ses deux mains prises car il
Fume et en même temps tient une tasse de
Café odorant,  légères vapeurs pâles et
Grises montant au-dessus de la place en
Demi-lune voici que tu décides de
Prendre la rue qui zigzague vers le fleuve
Un triangle d’ombre sectionne toute la
Moitié basse du paysage, en dessous
Le fleuve que tu vas saluer: bonjour eaux
Calmes eaux endormies lascives ô lettres
Mortes encre jetée à destination de je
Ne sais qui j’avance là ce jour de printemps
Bristol dans la poche le stylo  prêt pour no-
Ter pour exister j’écris: liste de choses à
Faire liste variée toujours liste et quoi
Que déjà bien entamée ma vie chevillée
Au corps, pétillante vie incroyablement
Belle malgré – ou peut-être grâce
À ce sentiment de la mort
Qui parfois me saisissait à la tombée de
La nuit, de la pluie ou que plus tard hors ce qui
Me semblait un village je m’aventurais
Au bord des voies trop rapides, dans tout ce gro-
Gnement monstrueux ce piaulement des ba –
Gnoles dans tout le rouge électrique des ma-
Chines, ailleurs dans une autre partie de ville.

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