Les taches noires

  

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Société point Comm’

Ecole de communication très chère ma Chère et Delphine, ou pardon Dauphine, enfin un nom de poisson et la petite genre 40 kilos menthol haleine fraîche jambes croisées puis décroisées bottines Très coûteux parfum Marais vous savez mais plutôt au nord du , donc même si la petite école de merde elle attend un homme oui plutôt bien, ou au moins moyen à l’aise même si un peu brutal masculin brun torse poilu bracelet montre métal collector

Eh bien vous me croirez ? Des années de pilule pour rien vraiment pour rien et pourtant mignonne genre je vous dis 40 mais peut être 42 kg oui mannequinat comme affiches Bien sûr ensuite dans le Luxe Oui genre Arnault etc. A ce propos m’a dit Martine *** un jour le Président à un dîner « je suis Pineauphile et Arnaultphobe » un peu ivre bien sûr et on le sait, très porté sur, hihihi … mais je reviens à nos moutons ma brebis la petite alors avait voulu changer de prénom Trissa ou Vesna ou Charoline ou est ce que je sais Esther ou Sharah oui le H en plus En fait pas faite du tout pour: non ni les affaires ni l’Amour Sexuel plutôt pour vivoter incognito tapotant sur son truc se tapotant des tripotées des tonnes de avec le bout SMS des ongles endioré noir paillettes pendant que petits pieds dans bottines St Germain très chères

dans coûteuse école de Comm petite chatte la pauvre onéreuse ou alors je l’admets si vous voulez la Finance à Rome avec Hubert de, mais la SocGen ou bien hein à La Défense au Siège, leurs têtes de gandins leurs costumes étriqués révélant, oui Banque Privée , Patrimoine et rayures et toujours blanche chemise Choses évidentes qu’on vous dit très jeune oui l’argent mène le monde Point (& pendant une seconde Elle bifurque incongrue se dit que question d’accent rêvéler ou re-véler ou encore le mot péché ou l’arbre le pêcher oui arbre de la connaissance de l’orthographe la base, hein mais finalement études différentes bah …) puis revient à moi et dit : … oui après tout Hubert de alors pourquoi pas mais en effet vers trente ans quand ce fut un peu tard donc , période de oui, oui en effet dépression ou plutôt anorex… Mais le passé hein, tout s’efface, on n’en parle plus – quoique je la sentisse plutôt attirée par ses semblables : petites chattounes pépiantes elles aussi aux ongles à effet, bouts de corne repeints trésors, enduites de, toutes pareilles rigolant aigu, moi un peu pareille à son âge Dolce Vita oui comme le parfum – mais quoi elle devait faire une fin alors hein tout se vaut, se vaudeville donc en effet bonne école (mais coûteuse en effet ma Chère) et le logement alors plutôt Nord du Marais ou éventuellement le dix-septième mais ce n’est qu’indicatif etc.

La Ronde #décembre 2015 : le Rouge et le Noir

Le Rouge et le Noir
de Staël par Quotiriens

En voilà un qui pèse, pourtant tout dégingandé. Il penche, sur les rares photos prises de lui, les mains dans les poches, dans son atelier. La mèche est rebelle, la chemise trop large, le pantalon vaste ; pourquoi les géants ont-ils des habits trop grands ?
Il a l’air de s’excuser, penaud.

J’y reviens toujours, avec la même obnubilation confuse, de transport puis de recul… mais qu’importe. Je me suis toujours dit qu’écrire sur Staël, sur ses toiles, serait l’avilir de mes petits sentiments, car à la fin, c’est sur soi que l’on écrit.

J’écris donc sur moi (…le Macbook sur les cuisses…), qu’un été, 57 ans après son passage, j’ai aussi été écrasé par la chaleur d’Agrigente, ébahi par le chapelet de temples grecs, calciné le long des routes brûlantes et des chemins pulvérulents. J’ai respiré les cendres d’Empédocle.

 

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J’ai compris, plus tard,  ses ciels noirs, ses champs violets et roses, le choc sourd du volcan dans les os, le tison des couleurs crues.

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C’est terre des Dieux, antre circéen où l’on marche sur un sol craquelé de céramiques précieuses. Été 1953, sandales lacées sur des pantalons bouffants, je le vois, son grand nez de Croquignole au vent, plisser des yeux, vacillant sous le choc des paysages de Sicile. Il va peindre ce coup reçu, à son retour en Provence, en une série de toiles éblouissantes où espace et lumière s’entrechoquent dans un carambolage cosmique.

Les paysages siciliens sont des scories incandescentes, laissées après le passage furtif de la comète Staël. Le ciel rouge est aussi noir et vert. L’insolation, du regard a brûlé la rétine. Les blancs, les roses, les jaunes s’imbriquent et creusent, d’une perspective qui n’a plus rien de  bancale, le mur de la toile. Nicolas de Staël est Œdipe aveuglé. Il projette la cicatrice, douloureusement belle, que le paysage sicilien a marquée d’un fer rouge au plus profond de son cortex.

L’admiration pour le prince russe foudroyé se teinte de compassion, ce qu’on en a dit, ce qu’on en a (peu) vu, les quelques phrases absconses qu’on lui a attribuées, albatros gauche devant l’objectif, colosse doutant dévoré par la passion, sur qui la misère glisse. Il eut probablement peu apprécié ce billet qui parle du peintre plus que de sa peinture qui seule, importe.

Quotiriens, décembre 2015