Berg sur Seine

Du temps qu’il travaillait à l’hôpital de la Pitié, Berg arrivait chaque matin, par les berges de la Seine ; marcher au ras de l’eau dans Paris qui n’était pas encore éveillé lui donnait toujours une enivrante impression de liberté, d’entracte : il ressentait alors la grande ville comme une sorte de village disait il. Passant après le Pont de Sully il s’arrêtait chaque fois devant la petite pointe amont de l’île Saint-Louis où selon les jours il voyait s’ébattre des colverts mais aussi cormorans, mouettes, un héron, regardant l’eau qui se divise en deux pour courir avec plus de force de part et d’autre de Notre-Dame, là où à chaque fois, il aurait aimé s’installer dans une barque, larguer les amarres et partir descendre jusqu’au Havre, incognito, silencieux, alors que le jour se lèverait. Il remontait ensuite vers Austerlitz, finissait les quatre cent mètres vers l’Hôpital où il passait le reste de la journée, jamais très loin du fleuve en pensée, dans les odeurs maternelles de chlore, de sueur, urine, et d’éther des salles d’hôpital.

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