Lyon [à Paul Vantheuil 1952]

(…) parce qu’il ne s’agit pas d’imaginer, comme ça à partir de rien, mais plutôt de collectionner les images, souvenirs, personnages —leurs paroles, visages, allures … — , les lieux,  odeurs, circonstances, etc. Avec la complicité plus ou moins avouée des lectures, de l’accumulation des lectures oubliées et dont on a perdu la source. Tout ceci devant s’articuler dans le temps d’une seule journée que ne doit pas trop encombrer le concret de la vie, toute l’intendance qui nous gâche l’écriture hein, mon Paul. Et la question du pour quoi / pourquoi ne se pose même pas. L’imagination est gratuite, débordante, mystérieuse comme ces routes que je devine si je ferme les yeux, comme ces chemins qui se dessinent sur une planche de la table.

Et puis parfois non, tout retombe, on cède on dort, il faut tout recommencer plus tard, tout reprendre à partir des détails notés.

Si bien que tout ceci m’occupe beaucoup plus que la lecture des journaux. Je vis désormais à côté du monde, dans mon silence voulu, parlant sans bruit : heureux, inexistant (…)

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2 commentaires sur « Lyon [à Paul Vantheuil 1952] »

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