[à Simon K] – Genève # oct 1948

 

(…) Je te dirai que l’été s’est passé aussi bien que possible: beaucoup de marche, de rires, de lectures, et près de moi sans cesse, dans la vieille Bibliothèque de Genève à peu près tout ce qu’on veut quant au fond, et quant à la forme, dans le registre poétique actuel. Mais lire, relire de la poésie a un effet paradoxal, presque stérilisant: se pourrait-il qu’on ait tout dit, tout écrit ? Se tourner alors vers d’autres horizons littéraires : relire ce qui est passé, loin, ignoré.

Des petites choses donc. Je n’ai rien fait, rien dit ou presque, je n’ai pas abîmé le monde, j’ai disparu. Et tout tourne mieux en moi maintenant.

Puis plus tard — ces dernières semaines — un leit-motiv , comme en réaction à une année trop pleine, trop agitée: l’aspiration à un dépouillement, le syndrome du cloître, pour moi qui ne crois plus dans les religions, juste un peu de papier, mon vieux stylo à pompe, le ciel et rien d’autre.

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