reflection # 9 (l’églantine)

  • comme si on pouvait emprisonner du ciel dans les cartilages de l’automne, en faire une armature, de quoi refaire une autre année, lentement, à partir d’un peu de sève, d’un peu de rêve, partir de presque rien, avec ce qu’on a
  • comme si c’était une fleur ouverte, une petite rose, pâle, rosa canina peu d’épines, discrète, et qu’un mot pouvait en appeler un autre, selon notre état d’âme
  • comme si nous quittait le souvenir des morts, des mots, puis qu’il revenait, feuille par feuille comme vous petites Eglantines, Feuillantines, des cinglées, des étranglées de chagrin, secouées de pollens, ô toi la petite fiancée du garçon des glaieuls & du cresson bleu, porte-greffe que sont les images, briques de langage, marchepieds, pas à pas dans cette beauté, « somptueuse magnificence » dit Simon dans la Corde Raide, à partir de rien, beauté qui est partout au ras du sol, des haies bocagères, dans le ciel inusable que le vent tourmente, de l’inconnaissable monde, dans le moindre rameau et dans chacun, puisque comme tu disais – et le mot suffira pour cette journée -: « humanisme ».

photo Louise Blau

 

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s