l’arrivée [Paris 1950]

Il tient Aline par la main, il lui montre la ville qui s’ouvre maintenant devant eux. Voici donc cette grande ville qu’ils attendaient, dont ils rêvaient. Il aime la ville, dans son bruit, sa grisaille avec toute cette saleté qu’il connaît,  dans ce mélange invraisemblable de langues, de couleurs et tous ces drôles de parfums. Ils regardent la ville qui s’ouvre entre les  jambes des fleuves. Comme un sexe, un point plus sensible. Il fait un geste avec la main et regarde vers le nord, s’étonne du bleu de l’eau, de toute cette lumière qui se déverse, qui emplit le ciel. Maintenant après la nuit profonde ils entrent à pied dans la grande ville, dans l’anonymat des passagers et c’est comme si maintenant il fallait monter dans les hauteurs d’un paquebot. Il connaît et retrouve la menace des villes, les pièges, la grande solitude qui s’y promène. Aline aussi a peur ; elle n’est jamais venue ici, sait seulement ce qu’elle a lu sur la ville, sur les avenues où les immeubles n’ont pas de numéro, elle sait bien que c’est un endroit plein de musique et de rage, et qu’entre les maisons à certains endroits il y a de petits squares où on peut s’abriter durant l’été. Ces deux là regardent la grande ville.

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