journal Spalding [24 février 1981]

(…) c’est un peu comme s’il s’agissait en racontant une vie, de mettre en parenthèse sa propre existence, alors oui celle de Frisch pourquoi pas, avec cette part de mystère d’un dénouement absent, avec ce déroulement à califourchon sur le milieu du siècle et sur deux pays. Son petit personnage me rend visite le soir quand je rentre, et je dîne avec lui, puis je m’installe une heure dans la chambre où j’ai entassé toutes les boîtes à chaussures où se trouvent les notes, carnets, lettres, ce qui me fait oublier le froid, la solitude et l’échec, la honte ou bien seulement -il ne faut quand même pas exagérer- une lucide médiocrité. J’écris au crayon, tout est raturé, il y a des flèches qui transpercent la feuille. Seulement hier je retrouve une lettre de F où il décrit très bien l’escalier qui descend en colimaçon à la station de métro Lamarck (en spirale antihoraire): nous avons l’un et l’autre habité rue Hermel (lui quelques mois après la mort de son père, moi quelques heures, mais cette proximité me touche) (…)

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