Lyon [à François T. 1953]

essai.1303930935.jpg

            (…) je t’envoie aussi quelques dessins de broches que tu pourrais traduire en métal argenté: ici je vends des bracelets toute la journée et je n’ose pas dire mon métier « représentant », mais les gens aiment bien ces montres qu’ils portent, et à force de passer d’un bijoutier à un horloger il me vient des envies de faire autre chose. De passer à ce qui ne me ferait pas gagner ma vie mais qui m’amuserait vraiment. Seulement l’époque est difficile, alors cette idée là me quitte bien vite et me revoici avec mes tiroirs pleins de bracelets-montres, passant d’une gare à l’autre. Mais ce qui sauve les choses dans ce genre de métier stupide, ce sont les visages qu’on croise. Je ne les photographierai jamais mais je profite bien de chaque discussion, je regarde attentivement chaque visage – on se réconforte comme on peut – tu sais la France est un joli pays, mais bien hostile quand on porte un nom qui parle un accent d’ailleurs (…)

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s