glissement [à T*** Paris 1953]

Mais alors il reste toujours un peu de présent ? une tranche de temps pour exister avant d’être transformés en paroles écrites, en mensonges, en mémoires et dans ces souvenirs déformés ? Oui : des choses ont eu lieu, à peu près comme ça, mais leur trace se dissout ; on a dit une partie qu’on peut corriger durant un moment encore dans ces jours où le temps fait grâce, où le brouillon vit encore, puis la partie est écrite , et vienne la poussière et l’oubli ultime, sous le clignotement froid des étoiles quand ce monde cessera : choses, archives, pensées, maisons glissant dans cet effacement, l’ultime pardon. Alors pour résister à ce qui l’entraîne (il le sait maintenant que l’âge vient) il fouille, creuse, torture ce flot d’images et d’impressions, dans le bruit mat des mots. Et à la fin pose la question : sommes nous fous ?

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