d’un tableau disparu [Paris janvier 1952]

au premier plan deux poteaux inclinés l’un vers l’autre (sans doute du bois d’acacia ou de châtaignier, fendu aux longues fibres, section en triangle aigu) figurant les restes d’une clôture. A droite du tableau un bouquet d’herbes jaunies inclinées dans le vent et suggérant par là même le mouvement – après tout, la vue est prise d’une falaise – mais le sol est un fouillis de mousses, de débris végétaux figurés dans un brun profond de la palette, presque noir (Sienne brûlée ?). Plus loin naturellement la mer; un glacis strié de blancheurs transparentes et qui se raccordent insensiblement sur l’horizon marin. Au vrai le sujet n’est pas une simple marine, mais véritablement le centre du tableau est dans ce vide entre la falaise où se tient l’observateur, quelques mètres en retrait de son bord, et tout l’imperceptible fluide de l’air, de l’eau au loin, avec, vers la gauche du tableau d’une part quelques silhouettes de maisons estompées dans la brume (matinale ?) et au delà encore, et d’autre part de l’autre côté d’une sorte d’anse, le dessin de la côte. Au centre donc les deux poteaux, à la gauche maison estompée et côte, et vers la droite cette fois inclinée, l’image à la fois inquiétante, symbolique et rassurante d’une voile tendue, qui donne ainsi une sorte d’échelle. Mais encore une fois le propos même du peintre semble de figurer le vide et la mobilité des souffles et des flux.

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