un feu [mai 1947]

c’était la fin de l’hiver ; des giroflées pointaient au jardin. Vers six heures avec le fils on avait décidé d’allumer un feu : des brindilles, branchettes, un coup de briquet et tout flambait. Ils l’avaient allumé près d’une souche de pommier haute comme un genou d’enfant. Le vent légèrement au sud-ouest attisait la flamme, et bientôt ça brûlait joyeusement, la flamme orange se propageant aux autres branches ramenées d’alentour, et colorait la nuit. Je pensais à ma mère qui aimait faire des feux en plein air. Après le dîner, quand la nuit fut complète, il est venu réunir les tisons contre ce qui restait de la souche. A nouveau des flammes s’élevèrent, lourdes et dorées. Je vis avec ma mère une histoire d’amour posthume, je n’aime pas qu’elle soit sous la terre. Les feux d’hiver sont le bûcher des morts. Au retour, ses cheveux, son pull sentaient la fumée.

(contrainte de texte: 150 mots)

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